Corine, Olivier, Viviane, Thalia, Noé et Malika
coopérants au Nicaragua avec E-Changer

1 mai 2012

(O) A la maison presque tout seul

«  Chaque maison a son odeur à laquelle ses habitants ne prennent plus garde, sauf après une longue absence. »
 [Robert Charbonneau] 
Extrait d’Ils posséderont la terre
Inutile de faire une rétrospective de notre vie de couple, quelqu’un, une fois m’avait dit que notre relation ne tenait que parce qu’on avait des défis. Bon devrais-je dire qu’il n’y a rien de plus facile que de faire de la psychologie lorsqu’il ne s’agit pas de soi, ou alors accoudé au pilier du bar du Café du Commerce. Disons-le franchement, cette introduction a un peu pour objectif de régler quelques différents avec ces maîtres du « MOI-QUI-SAIS », leçons que j’ai parcimonieusement épargné sur mon compte rancœur. Mais l’article en soi vise d’autres buts bien plus élevés, qui ne doit en rien décevoir nos lecteurs. Tout d’abord, il s’agit de combler deux grands vides, s’agissant en premier lieu d’une production rédactionnelle dont l’aridité s’apparente à la cartographie du désert du Kalahari. Le deuxième vide, non moins abyssale correspond mieux à ma petite introduction.

Douze longs jours que Corine s’en est allée sillonner la Suisse. Super disais-je de participer à une campagne de sensibilisation et de pouvoir montrer notre pays à deux Nicaraguayens. C’était sans  compter les milliers d’odeurs que quelqu’un peut imprégner dans une maison. Milliers d’odeurs sur lesquels on prend peu à peu l’habitude de se reposer.

Il y a l’odeur de l’ordre, ces parfums de jouets et de livres bien rangés. Il y a l’odeur des devoirs d’école, effluves de concentration et de patience. Il y a l’odeur des réveils en douceurs, saveurs de tendresses matinales. Il y l’odeur de la présence indispensable, fleurant la quiétude et la douceur du chez soi. Il y a l’odeur nauséabonde des disputes, dégageant le parfum âcre des cris et des engueulades.  Il y en a des milliers et des milliers, mais l’absence d’un seul déséquilibre tout le reste.

Non, notre couple ne tient pas qu’à des défis, je m’aperçois depuis que je suis un « papa-tout-seul-pendant-trois-semaines » (ce coup-ci c’est pour faire larmoyer les mamies et les machos je-te-plains-pôvre-gars-abandonné), je m’aperçois donc, que le fait de vouloir être deux et se dire qu’on renouvelle continuellement et ensemble notre projet de vie rend la séparation difficile mais malgré tout sereine.

Cette petite séparation durant trois longues semaines a ceci de positif qu’elle démontre à quel point,  on peut oublier au quotidien,  de savourer les effluves de la tendresse, la fragrance d’une présence et, surtout, le parfum de l’amour…

29 avril 2012

(C) Téléthon

Pour le Téléthon, Jinotega réunit en une seule journée, environ pour 20'000 dollars de dons...!
Et pour appuyer ce succès, Thalia a dansé du folklore nicaraguayen:

(C) En Suisse avec Danierick et Lydia

Nous l'avions annoncé, nous voilà en Suisse depuis une semaine pour la Campagne d'informations 2012 d'E-Changer. Lydia, la coordinatrice du Club, et Danierick, enfant travailleur et communicateur social, m'accompagnent.
C'est par un froid mordant, que nous avons atterri à Genève le 20 avril. Puis, tout en étant basés en Valais, nous avons déjà fait quelques kilomètres pour nous rendre à Fribourg et rencontrer six classes du Collège St-Michel. L'échange a été riche, surtout après la projection du reportage que Danierick a réalisé sur lui-même.
Le lendemain était consacré à la presse : Radio Fribourg "A l'ombre du Baobab", l'agence de presse KIPA, SwissInfo et L'Evénement syndical, la journée a été soutenue.
De retour à Sion, les jeunes du Centre RLC Totem avaient organisé l'après-midi : un "Parcourt" dans le quartier, un cours de Break dance, il n'a pas fallu beaucoup de temps pour que la sauce prenne. 2 des jeunes ont assuré la traduction et les adultes sont très vite devenus superflus!
Puis, nous sommes partis au Tessin participer à une conférence autour du thème de la participation à la Haute Ecole Sociale de Lugano. Là aussi la presse écrite et radio attendait Danierick et Lydia.
Enfin, hier, Jean-Marc Richard préparait un portait de Danierick pour les petits Zèbres du 7 mai prochain: l'entretien a tourné autour des droits des enfants, mais surtout autour du droit à la participation.
Les températures sont remontées, et même si  sa Maman et les frijoles lui manquent, Danierick veut tout goûter, s'intéresse à tout, il est insassiable. Cependant, à la question plusieur fois posée "Aimerais-tu vivre ici si tu pouvais y faire venir ta famille et tes amis?", il a été catégorique: "Non! Chez moi, c'est à Jinotega".
Ci-dessous, je vous livre l'article de Jacques Berset de l'agence KIPA:
Nicaragua: Quand les enfants travailleurs de la rue se font journalistes
Ils sensibilisent la population par leurs programmes à la radio et à la télévision locale
Jacques Berset, agence Apic
Fribourg, 24 avril 2012 (Apic) T-shirt noir de Radio Fribourg et casquette vissée sur la tête, Danierick Joel Duarte Sobalvarro a le sourire malicieux. Venant tout droit de Jinotega, ville du nord du Nicaragua située à 10’000 km de la Suisse, surnommée la "cité des brumes", le jeune homme de 13 ans est l’invité de la campagne d’information d’E-Changer.
L’organisation de coopération solidaire Nord-Sud veut sensibiliser le public suisse aux dures réalités de la vie des enfants et adolescents du Nicaragua, mais également témoigner de leur lutte pour défendre leur dignité et leurs droits.
C’est une première pour Danierick, travailleur de la rue, écolier mais également communicateur social et journaliste. Jusque-là, il n’avait jamais quitté son pays situé en Amérique centrale. Il sort des studios de la radio locale fribourgeoise, où il vient de participer à l’émission "A l’Ombre du Baobab", avec Corinne Duc Barman, volontaire d’E-Changer au Nicaragua, et Lydia Palacios Chiong, coordinatrice de l’association "Tuktan Sirpi".
Des enfants victimes de violences, d’exploitation et d’abus sexuels
Fondée à Jinotega en 1994, cette ONG accompagne et encadre les enfants et adolescents qui travaillent dans la rue et sur les marchés de la ville. La communication, la sérigraphie, la coiffure, la danse, le théâtre et l’autodéfense figurent au programme de la formation qu’offre "Tuktan Sirpi", une organisation soutenue par E-Changer.
Souvent victimes d’abus sexuels, de violences et d’exploitation, les enfants travailleurs du Nicaragua cherchent à oublier en sniffant de la colle utilisée pour réparer les chaussures ou en inhalant des solvants pour la peinture. "C’est le meilleur coupe-faim, mais cela provoque de graves atteintes à la santé", souligne Corinne Duc Barman.
L’association "Tuktan Sirpi" (petit enfant en langue des Indiens miskitos du Nicaragua) est née dans un contexte difficile pour le Nicaragua, relève Lydia Palacios. Dans les années 80, suite à la révolution sandiniste, les familles et les enfants de Jinotega bénéficiaient de nombreux programmes sociaux mis en place par le gouvernement. Puis les opérations menées par les hommes armés de la "contra", en fait une guerre sanglante financée par le gouvernement américain et la CIA, suivie des programmes de réajustements structurels, ont fortement appauvri la population.
Le travail des enfants, une question de survie
La guerre avait vidé les campagnes, forçant des communautés entières à migrer en ville. De nombreux enfants, certains âgés tout au plus de 8 ans, ont alors envahi le marché et les rues, survivant comme vendeurs ambulants, livrés à eux-mêmes, exposés à tous les dangers. Il y a une dizaine d’années, quelque 600 enfants travaillaient sur le marché de Jinotega. "Nous avons très vite compris que chercher à éradiquer le travail des enfants n’avait pas de sens, car il s’agissait pour eux d’une question de survie… Cependant, nous nous avons lutté pour qu’ils ne soient pas exploités, qu’ils puissent aller à l’école, apprendre à lire et à écrire, se reposer, s’amuser, apprendre un métier", témoigne Lydia Palacios.
Le gouvernement sandiniste avait réussi à faire baisser fortement le taux d’analphabétisme, qui était de 42% en 1980. Dans un contexte d’une politique néo-libérale imposée au Nicaragua, ce taux était remonté à 35% en 2003, d’après une enquête menée sur le marché de Jinotega, affirme la coordinatrice de "Tuktan Sirpi".
Ces dernières années, la situation s’est grandement améliorée et l’analphabétisme toucherait moins de 10% de la population. Mais il reste toujours des problèmes de déscolarisation, notamment quand les parents ont émigré à l’étranger pour trouver du travail et que leurs enfants sont confiés à une parenté qui a peu de moyens pour les élever. Jinotega est le département du Nicaragua où l’on produit le plus de café, mais la population locale, l’une des plus pauvres du pays, n’en retire que peu de bénéfices, l’argent gagné dans les plantations n’étant pas réinvesti sur place.
Des enfants tiennent le micro
L’ONG soutient l’engagement des enfants dans la communication, pour faire connaître leur situation précaire et sensibiliser la population à ce sujet. Mais là où réside l’originalité de la démarche, c’est dans la participation des enfants et des adolescents à la réalisation des programmes de radio et de télévision.
Tous les dimanches, de 11h à midi, une équipe de journalistes âgés de 9 à 14 ans, fait entendre la voix des enfants de Jinotega sur les ondes de Radio Estereo Libre, traitant de thèmes sérieux comme les raisons qui poussent les enfants à prendre des drogues, à boire de l’alcool, à sniffer de la colle. Les problèmes d’exploitation et d’abus sexuels sur les mineurs, la pornographie sur les téléphones cellulaires et sur internet sont également abordés.
Levé à 4 heures du matin, pour préparer les tortillas à vendre sur le marché
Danierick est l’un de ces enfants travailleurs, qui s’exercent aussi au métier de journaliste, l’après-midi. Car le matin, il doit se lever à 4 heures, pour aller chercher de l’eau au puits public puis moudre le maïs. Sa mère prépare ensuite les tortillas, les traditionnelles galettes confectionnées à base de maïs, qu’il va vendre dès 6 heures du matin sur le marché et dans les quartiers, avant de revenir se changer et de partir pour l’école, qu’il fréquente de 7 heures à midi.
Entre-temps, son beau-père, qui est maçon, s’est rendu à son travail. Après la pause de midi, qu’il utilise pour faire ses devoirs pour l’école, Danierick se rend à l’atelier de communication, où se préparent les émissions réalisées par les enfants journalistes. Ils apprennent le métier sur le tas, accompagné par des personnes plus expérimentées. La journée, pour lui, se termine à 20h00, moment où il va se coucher.
Son futur métier: "Journaliste!"
"Ce que nous faisons comme travail de journalistes, c’est un vrai travail, même si ce n’est pas rémunéré. Nous sommes une équipe de 25, soit 20 filles et 5 garçons. Il faut préparer les émissions, les réaliser, ce n’est pas si simple, au début, de parler à la radio. Les plus anciens font les moniteurs, pour apprendre aux nouveaux".
"Nombreux sont les enfants intéressés par ce que l’on fait, mais nous sélectionnons les candidats, car c’est un travail difficile, exigeant de la discipline. Il faut vaincre la timidité, voire la peur. Ceux qui restent avec nous sont motivés, et ce travail va nous servir pour notre avenir, nous ouvrir des portes pour plus tard", affirme le jeune communicateur, avec l’assurance d’un vrai pro. Son futur métier: "Journaliste!", lance-t-il sans hésitation. "Quand nous parlons des problèmes, nous travaillons avec le cœur, comme si c’était notre propre situation, pour éviter qu’il y ait d’autres victimes…"
Danierick va parler devant des élèves et des étudiants dans divers endroits de la Suisse (voir le programme sur www.e-changer.ch). Il s’est senti "étrange", depuis qu’il est en Suisse, de ne pas devoir se lever à 4 heures du matin pour préparer les tortillas de sa mère.
"J’ai parlé devant des collégiens en Suisse. Ils ont tout au niveau matériel, ils n’ont pas besoin de travailler. Mais, en raison du rythme de vie de leurs parents, ils ont moins de contacts avec eux que nous… Moi, je préfère vivre dans ma famille, chez moi!" JB
Encadré:
Une enfance vulnérable
Au Nicaragua, 60% de la population a moins de 18 ans. Selon un rapport du PNUD, 57% des enfants de moins de 5 ans se trouvent en situation de pauvreté. L’extrême pauvreté touche 22% d’entre eux. 300’000 enfants et adolescents travaillent pour aider leur famille à survivre. 80% des enfants en situation de rue ne reçoivent aucun appui institutionnel. Un rapport d’Amnesty International fait état d’une augmentation alarmante de cas de violences envers les enfants de moins de 17 ans.
Selon les données du Commissariat de la femme et de l’enfant au Nicaragua, rapporte E-Changer, entre janvier et août 2010, 1’259 cas de viols ont été enregistrés. Les deux tiers concernaient les jeunes de moins de 17 ans. Le Nicaragua est l’un des pays qui enregistre le plus haut taux de grossesses d’adolescentes. Le département de Jinotega est particulièrement touché.
L’émigration des parents vers les pays comme le Costa Rica et l’Espagne est un problème qui touche nombre d’enfants et d’adolescents au Nicaragua. Seulement à Jinotega, dans une enquête portant sur 517 enfants et adolescents qui ont abandonné l’école, 57% d’entre eux ont reconnu avoir quitté l’école parce que leurs parents ont émigré et qu’ils n’avaient donc plus l’occasion de poursuivre leur scolarité. (apic/be)

29 mars 2012

(T) Une fée dans mon jardin

Habia una vez una niña que era muy linda y inteligente. Un dia que jugava en su patio con sus muñecas, y se alló una ada, pero pensó que era una de sus muñecas que había perdida. Entonces, empezó a jugar con ella y de pronto oyó que una de sus muñecas le hablaba:
- "Yo no soy una muñeca pero una ada".
Entonces quisó llorar porque estaba feliz de creer que era una de sus muñecas. Entonces la ada le dijó que no tenia que llorar.
- "Yo me llamo Campanita y soy una ada. Queria venir aqui para ver todo lo bueno que hacen los humanos. Pero me puedo quedar un poco mas para jugar."
Una hora después Campanita dijó que se devia ir porque sus amigas se iban a preocupar por ella. Al llegar todas las otras adas eran feliz que regresará. Entonces hizieron una fiesta y vivieron todas feliz juntas.
Fin.
Thalia

Il était une fois une petite fille qui était très belle et intelligente. Un jour qu'elle jouait dans son jardin avec ses poupées, elle trouva une fée. Mais elle pensait que c'était une de ses poupées qu'elle avait perdues. Alors elle commença à jouer avec elle et soudain elle entendit la poupée qui lui dit:
-"Je ne suis pas une poupée, mais une fée!"
Alors la petite fille se mit à pleurer parce qu'elle était contente de croire que c'était une de ses poupées. Alors la fée lui dit qu'il ne fallait pas pleurer.
-" Je m'appelle Clochette et je suis une fée. Je voulais venir ici pour voir toutes les belles choses que font les humains. Mais je peux rester un peu pour jouer."
Une heure plus tard, Clochette dit qu'elle devait partir. Lorsqu'elle arriva chez elle, les autres fées étaient contentes qu'elle soit revenue. Alors elles firent une fête et vécurent heureuses ensemble.
Fin
Thalia

(V) Mes extraterrestres

(O) Tout n’est pas rose

Changements il y a eu, amélioration quelque peu aussi depuis 2006, année du retour du FSLN de Daniel Ortega au pouvoir. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, la mise en place de divers programmes sociaux tels que la gratuité de l’éducation et de la santé, la faim zéro et l’accès facilité a la propriété ont sans doute permis la réélection du président. Cependant, derrière ces réussites fleurant bon l’argument électoral, se cache encore l’odeur fétide des misères quotidiennes et des tabous sociaux et judiciaires.
L’histoire suivante de cette fille de 13 ans n’est de loin pas un cas isolé, l’impunité en ce domaine est une lutte qui est loin d’être gagnée tant le concept du fait accompli est entré dans la mentalité des instances judiciaires et politiques. Cette triste situation est le deuxième qui est parvenu à mes oreilles, la première datant d’un peu plus d’une année et que j’avais passé sous silence, doutant de ma propre compréhension et imaginant à l’époque que ce n’était qu’un cas isolé.
Il y  un mois de cela, une adolescente de 13 ans a été battue et violée. Un drame de plus pourrait-on penser en lisant un fait divers. Cette enfant aînée de trois enfants vit avec son papa sans travail dans la maison de sa tante. Leur maman les a abandonnés depuis quelques années et vit avec son nouvel ami. Un dépôt de plainte a été déposé auprès de la police. Connaissant la tante de la fille, je lui propose de faire appel aux services du Club Infantil, mais sitôt fait, la mère de l’adolescente l’a éloignée de Jinotega le temps de trouver une solution arrangeante. Désespérée, la tante me dit qu’elle ne peut rien faire car elle n’a aucune autorité légale pour intervenir, même si c’est elle qui fait vivre son frère et ses trois enfants. Trois jours plus tard, la tante m’annonce que la mère de l’adolescente a trouvé un monsieur qui voulait bien épouser  sa fille, ce qui sera fait le samedi suivant. Le mariage de mineure bien qu’illégale ayant été conclu devant un notaire (des avocats véreux, il y en a décidément partout), il n’y a plus de voies de recours possibles. Maman, satisfaite de l’arrangement, a enfin pu partir au Costa Rica avec son ami.
Les combats que mène quotidiennement le Club Infantil n’est que l’aperçu d’une réalité nicaraguayenne et particulièrement du département de Jinotega qui, avec les régions caraïbes se retrouve régulièrement au bas des statistiques sociaux-économiques mais, hélas, au premier rang des transgressions des droits humains. Violences intrafamiliales, incestes, abus sexuels et viols, si de plus en plus de cas sont dénoncés, il n’en reste pas moins d’une part qu’ils restent impunis et d’autre part que de nombreux cas n’arrivent tout simplement pas jusqu’à la police. Procès reportés, laxisme de l’appareil judiciaire et policier, méconnaissance totale de leurs droits du côté des victimes ou intimidation de la part des coupables, de nombreux cas sont juste jetés à la poubelle de l’oubli et les gens en arrivent à ne même plus sentir l’odeur de ces drames.
Il faut hélas en arriver au suicide dramatique de la jeune Amina Filali au Maroc (pour rappel cette jeune fille violée a été forcée d’épouser le coupable pour que se lèvent toutes les poursuites a son encontre) pour que quelques voix se fassent entendre au Parlement marocain contre ces pratiques inhumaines - ou devrais-je dire trop humaines ? Rien de tel n’est encore arrivé ici au Nicaragua, mais la pratique des mariages forcés des enfants violées n’est pas rare, et le silence des autorités politiques et religieuses frisent la complicité.

23 mars 2012

(C) Des chansons

Au Nicaragua, comme dans beaucoup de pays du sud, il n’est pas d’événement un tant soit peu officiel qui ne s'ouvre pas par l’Hymne national. Et dans un pays comme le Nicaragua qui a gagné, il y a peu de temps, sa liberté à coup de révolution populaire, cet hymne national prend un sens encore plus fort.
Ici, au Club Infantil, chaque Assemblée, chaque présentation publique s’ouvre avec l’hymne National. La Radio Estereo Libre réveille chaque jour ses auditeurs à 5h du matin avec cet hymne national, et leur souhaite une bonne nuit de la même manière à 21h.
A l’école, la semaine commence dans la cours, tous les élèves et professeurs réunis par section, entonnent cet hymne national à la levée du drapeau. Nos enfants le connaissent par cœur, alors que nous, parents, peinons à nous souvenir du premier couplet de l’hymne helvétique… sans parler de la mélodie.
En voici donc le texte :

Salve A Ti
Salve a ti Nicaragua en tu suelo,              Salut à toi, Nicaragua, car sur ton sol
Ya no ruge la voz del cañón                      Ne rugit plus la voix du canon,
Ni se tiñe con sangre de hermanos          Et du sang des frères, n’est plus tachée
Tu glorioso pendón bicolor,                      Ta glorieuse bannière bicolore


Brille hermosa la paz en tu cielo,               La belle paix brille en ton ciel
Nada empane tu gloria in mortal               Rien ne tache ta gloire immortelle,
Que el trabajo es tu digno laurel               Le travail est ton digne laurier
Y el honor es tu enseña triunfal,               Et l'honneur ton signe triomphal
Es tu enseña triumfal.                                 C’est ton signe triomphal

Et puis, il y a l’hymne de l’éducation (sous-entendue scolaire), celui qui s’appelait avant l’hymne de la Croisade de l’Alphabétisation et qui fut rebaptisé en 2009. Cette croisade débute en 1980. Au lendemain de la Révolution, des bus entiers d'adultes et d'étudiants prennent le chemin des campagnes et des quartiers les plus pauvres pour alphabétiser près de 400'000 personnes. De 50.36% d'illettrés que comptait le pays à ce moment-là, la Croisade les réduit à 12.96%. Un tour de force, surtout lorsqu'on sait que chaque "prof" était tout à fait bénévole, et accomplissait là un devoir citoyen auto-proclammé. Damaris se souvient : "C'était très émouvant de les voir partir, parfois pour plusieurs semaines, et non plus pour se battre. Ils s'entassaient sur les ponts des camions, et certains faisaient encore des heures, voir des jours de marches pour atteindre les communautés les plus éloignées. Ils chantaient, levant le poing de la victoire avec non plus une arme dans l'autre, mais des livres. Et toute la population les accompagnait jusqu'à la sortie de la ville pour les encourager". En 2009, le Ministère de l'éducation annonce un indice national de 3.56%, ramenant le Nicaragua au statut de pays "libre d'analphabétisme". Là aussi, sur arrière-fond révolutionnaire, des mots forts, comme « croisade », comme « guérilleros de l’alphabétisation », sont autant de motivations pour toute une population qui prend le chemin de l’école.

Avancemos, brigadistas,                                      Marchons, brigades
guerrilleros de la Alfabetización,                         Guérilleros de l’alphabétisation
tu machete es la cartilla                                         Ta machette c’est le cartable

que liquida de un tajo la ignorancia y el error    Qui efface d’un coup l’ignorance et l’erreur

Avancemos, brigadistas,                                      Marchons, brigades
muchos siglos de incultura caerán,                    De nombreux signes d’inculture tomberont
levantemos barricadas                                          Levons des barricades
de cuadernos y pizarras,                                       De cahiers et de tableaux noirs
vamos a la insurrección cultural...                       Allons vers l’insurrection culturelle…

¡PUÑO EN ALTO! ¡LIBRO ABIERTO!              POING LEVE! LIVRE OUVERT!

Todo el pueblo a la Cruzada Nacional.              Tout le peuple à la croisade nationale
Ganaremos el destino                                           Nous mériterons le destin
de ser hijos de Sandino                                        D’être les enfants de Sandino
convirtiendo la oscurana en claridad.                En changeant l’obscurité en clarté.

¡PUÑO EN ALTO! ¡LIBRO ABIERTO!              POING LEVE! LIVRE OUVERT!

Je dois avouer que lorsqu'on entend celui-là, au moment où les profs lèvent leur poing serré en criant «Poing levé, livre ouvert !», ça remue un peu à chaque fois…

Enfin, dans les incontournables, il y a Jinotega, qui est moins un hymne qu’une chanson populaire à la gloire de Jinotega que tout le monde connaît, …à Jinotega (Le lien pour l'écouter).

Je ne peux pas terminer cet article sans évoquer ci qui est finalement la chanson que nous chantons le plus souvent : Las Mañatitas, qui sert de joyeux anniversaire et qui se termine de fort jolie manière. A savourer :

Estas son las mañanitas                        Voici les petits matins
que canta el Rey David                        
Que chantait le Roi David
Hoy por ser diá de tu santo                  Pour qu’aujourd’hui soit ton jour béni
te las cantamos aquí                              Nous te la chantons ici
Despierta mi bien despierta                 
Réveille-toi, réveille-toi bien
mira que ya amaneció                           
Regarde, le jour s’est déjà levé
Ya los pajarillos cantan
                        Déjà les oiseaux chantent
la luna ya se metio.
                               Et la lune s’est déjà cachée


Que linda está la mañana                      Qu’il est beau ce matin
en que vengo a saludarte                     Où je viens te saluer
Venimos todos con gusto                    Nous venons tous avec plaisir
y placer a felicitarte                               Te souhaiter un beau jour
El dia en que tu naciste                        Le jour où tu es né
nacieron todas las flores                      Naquirent toutes les fleurs
En la pila del bautismo                          Et sur les fonds baptismaux
cantaron los ruiseñores                        Chantèrent les rossignols
Ya viene amaneciendo                          Déjà le jour se lève
ya la luz del dia nos dio                        Et nous offre sa lumière
Levantate de mañana                            Lève-toi ce matin
mira que ya amanecio.                           Regarde, il est déjà levé.

Ya queremos pastel                                Maintenant on veut du gâteau                    
Ya queremos pastel                                Maintenant on veut du gâteau
Aunque sea un pedacito                       Même si ce n’est qu’un petit morceau
Ya queremos pastel                                Maintenant on veut du gâteau

19 mars 2012

(C) Mariposa de Jinotega no 7

Retrouvez en lien le numéro 7 de nos Mariposas de Jinotega. D'autres liens ci-contre vous emmèneront sur les 6 premiers numéros.

Merci pour vos commentaires!

Bonne lecture.

15 février 2012

Adiós Amig@s! Que le vayan bien.


Un muy buen viaje :
… hasta Suiza
… hasta su hogar
… hasta su vida nueva
… hasta su trabajo nuevo
… y, tal vez, hasta una familia nueva!

Gracias para este 2 años de compartidas, para su entusiasma, para sus regalos, para sus miradas.
Ya nos hacen falta.

Abrazos rompecostillas a l@s Dos
Hasta luego en otro lugar, en otro tiempo

Adiós Amig@s!

Un très beau voyage:
... jusqu'en suisse,
... jusqu'à votre foyer
... jusqu'à votre nouvelle vie
... jusqu'à votre nouveau travail
... et, peut-être, jusqu'à une nouvelle famille!

Merci pour ces 2 ans de partage, pour votre enthousiasme, pour vos cadeaux, pour vos regards.
Vous manquez déjà.

Nous vous embrassons fort tous les Deux
A bientôt en un autre lieu, en un autre temps

Adieu, les Amis!

Sandra et Christoph ont quitté Jinotega après 2 ans de coopération à La Cuculmeca, association semblable au Club Infantil mais active dans les milieux ruraux, via Interteam, organisation de coopération suisse alémanique, analogue à E-Changer.

14 février 2012

(C) Rentrée

Si une nouvelle rentrée des classes n'est jamais anodine pour les enfants, la première rentrée du dernier enfant prend un sens particulier pour les parents. Aussi cette année, la rentrée de Malika à l'école enfantine nous projette, comme parents, dans une nouvelle étape: la petite enfance s'éloigne au moment ou la pré-adolescence de l'aînée pointe son nez. Autre temps, autres préoccupations!

Mais voici nos quatre écoliers prêts à en découdre:

Et également la surprise qui attendait les élèves le deuxième jour devant leur petite école enfantine:
Une mauvaise plaisanterie? Pas du tout! C'est juste que la direction a généreusement décidé de cimenter la petite cour devant l'école afin que les enfants n'aient plus les pieds dans la boue durant les pluies. Sympa, mais ils ont du oublier qu'une porte sert à entrer et sortir... Si un tel tas de terre et de cailloux l'obstrue, même avec toute les bonnes intentions du monde, comment les enfants sont-ils sensés accéder à leurs classes?

30 janvier 2012

(C) Mais qu’est-ce qu’on est venu faire ici ?

« Venez pour regarder, venez pour escalader nos montagnes, pour admirer nos fleurs. Venez pour étudier. Mais, par pitié, ne venez pas pour aider. » Ce cri du cœur d’Ivan Illich,  un évêque mexicain à l’intention d’étudiants américains qui s’apprêtaient à partir pour 1 mois au Mexique effectuer un « séjour d’aide humanitaire », fut lancé dans les années… 60 ! En effet, s’il serait ici fastidieux de relater toute l’histoire de l’action humanitaire, on peut déjà dire qu’entre ce qu’ont connu nos Grands-parents et ce qu’on fait aujourd’hui en termes de coopération, il y a un monde. Il ne s’agit pas, en aucun cas, de remettre en cause les actions menées aux diverses époques, mais bien de réévaluer, à la lumières des apprentissages successifs, le bien fondé de toute initiative, qu’elle soit humanitaire ou coopérative. Un peu ce qu’on fait finalement dans à peu près tous les domaines professionnel, au fil du temps !

Durant notre séjour en Suisse, et ce malgré nos diverses interventions (blog, lettre circulaires, courrier personnels, …), nous avons été l’objet de nombreux commentaires du style « c’est bien d’aider les autres », ou « heureusement qu’il y a des gens comme vous pour leur apporter tout ça », « quel courage… », etc. Autant de remarques devant lesquelles, si nous en comprenons bien les bonnes intentions de leurs auteurs, nous ne pouvons nous contenter de garder le silence. S’il est assez évident que, pour nous, le monde ne tourne pas exclusivement autour de notre propre nombril, il est tout aussi clair, que ce n’est pas non plus le cas, à de très rares exceptions près, de la totalité des personnes qui nous entourent ! Ici et là-bas. Chacun fait ce qu’il croit bien de la manière qu’il croit juste et avec ses choix de vie. En ce qui nous concerne, notre choix était professionnel et aventurier. Nous avons mis nos compétences professionnelles à la disposition d’un employeur. La seule différence avec ce qu’on avait fait avant est géographique. Bien sûr, c’est une aventure formidable, plus, plus, plus ! Mais ça, c’est de la littérature ! Ou, si vous préférez, ce qu’on apprend d’une expérience particulière et différente de celles qu’on connaissait avant !
 
Nous nous sommes rendu compte qu’il y a autant de types différents de coopération, que d’organisations coopératives ! Notre engagement avec E-Changer, et sa notion de coopér-action nous convient à plus d’un titre. D’abord, nous sommes engagés sur 3 ans, ce qui nous permet de bien connaître tous les aspects formels et informels de l’association dans laquelle nous travaillons, et de corriger notre tir, si j’ose dire. Ensuite, nous recevons une indemnité de vie qui, si elle tout-à-fait suffisante pour vivre très correctement avec nos 4 enfants, elle nous permet aussi d’appréhender au quotidien les conditions de vie des personnes avec lesquelles on travaille, même si les nôtres restent un peu meilleures. Cela dit, dans notre cas, nous vivons avec moins d’argent mensuel que la coordinatrice du Club ! On peut déjà oublier les voitures avec chauffeur et autre vacances dans des hôtels de luxe ! Et si ce blog contient un certain nombre de photos de nous sur la plage avec les pieds en éventail, c’est seulement parce que le Nicaragua est bordé par le Pacifique et la Mer des Caraïbes ! Et lorsqu’il s’agit de revenir d’un voyage en Suisse, c’est un collègue qui se fait un point d’honneur de venir nous chercher à l’aéroport, comme il le ferait pour n’importe quel autre collègue.

Au niveau de notre travail proprement dit, nous n’occupons pas de position hiérarchique et nous n’avons aucun pouvoir de décision au sein de l’Association. Même si dans certains cas, et nous en connaissons, le coopérant prend peu à peu un pouvoir qui sort des ses attributions, pouvoir souvent prêté par ses propres collègues, soit trop heureux de se décharger de certaines responsabilités, soit convaincus que ce qui vient du Nord est forcément meilleur que ce qu’ils savent faire. Alors que faisons-nous ici, me direz-vous ? Eh bien nous travaillons dans un constant échange de compétences et de manières de faire. Et l’intérêt, toujours professionnel, est multiple et va dans les deux sens : l’association bénéficie d’un regard extérieur qui effectue un diagnostique institutionnel et apporte certains éléments manquants à l’amélioration de ses processus. Dans notre cas, une méthodologie éducative qui vient renforcer et formaliser le travail éducatif déjà effectué depuis 17 ans avec tout les succès qu’on connaît ; et une stratégie de communication qui s’inscrit dans un renforcement institutionnel en constante évolution, et qui améliore l’efficacité de ce qu’ils font déjà. Ajoutons à cela, les spécificités d’un travail dans un pays aussi pauvre que le Nicaragua, où nous servons d’interface dans la recherche d’informations, de connaissances théoriques et de fonds proprement dits. De l’autre côté, nous élargissons notre expérience professionnelle en terme de pratique, d’adaptabilité d’outils et personnelle, de flexibilité et de connaissances générales.

Appliquez le paragraphe ci-dessus au poste de n’importe quel helvète pur poil au profil professionnel semblable en Suisse, est vous n’y trouverez que peu de différences !

Pourquoi alors être venus jusqu’ici pour exercer un métier que nous pourrions exercer chez nous, avec en plus un salaire plus élevé ? A cause du Pacifique, sans doute… Nous ne connaissons pas encore la côte caraïbe. Mais peut-être aussi parce que notre engagement dans cette association a des buts plus larges, puisque le Club, dans son souci de toujours favoriser le protagonisme infantile, fonctionne comme un mouvement social ; philosophiquement, nous travaillons donc aussi dans ce but commun d’auto-détermination d’un pays sous perfusion financière. L’idée de coopér-action à la sauce E-Changer va plus loin. Elle présuppose aussi la remontée vers le Nord de cette expérience, de ces informations et de la sensibilisation à la situation locale. Pas seulement - et heureusement d’ailleurs – de ces aspects négatifs, mais bien dans tout ce qu’elle peut apporter de plus, de mieux (eh oui !) et de simplement différent. Nous avons chez nous choisi un certain modèle de société qui influe bien sûr sur tout la vie sociale, pratique professionnelle comprise. Notre modèle n’est pas parfait. Les autres non plus. Mais ensemble, il est possible de faire mieux. Et c’est à cela que nous nous employons à notre modeste niveau. Voilà ce qu’on est venu faire ici, au bord du Pacifique.

28 janvier 2012

(O) Qu'est-ce qu'on doit prendre ?

Vendredi 15 heures :
- Bon, il faut y aller. Qu’est qu’il nous faut ?
- Trousse de toilette, pyjama, habits de rechange, jaquette parce que la nuit il peut faire froid, livres. Ah, j’oubliais, Damaris nous a dit que se serait bien de prendre une couverture aussi, pour moi.
- Je crois que c’est bon, tu m’appelle pour me donner des nouvelles. Tu veux que je t’appelle un taxi ?
- Oui merci, je te tiens au courant de toute façon. Tiens, je vais prendre le chargeur du téléphone.
- Au revoir Thalia, au revoir Maman !
- Au revoir mes amours !

Vendredi 19h30 :
- Allo, comment ça va ?
- Ca va, on attend toujours, il y plein de monde qui passe, mais toujours rien de nouveau.
- Et Thalia ?
- Elle patiente…
- Vous avez besoin de quelque chose ?
- Pour l’instant ça va, je te dirai demain.

Samedi 8 heures du matin :
- Allo t’as bien dormi ?
- Moi oui et toi ?
- Non j’ai du dormir dans le même lit pour enfant que Thalia, tout était occupé. On a pu aller dans la chambre vers 1 heure est demi du matin. Ils nous on donné juste un drap pour le matelas, heureusement qu’on a pu se partager la couverture, mais avec les courants d’air, on a eu froid.
- Alors je t’en amène une plus tard, t’as besoin d’autre chose ?
- Oui, tu peux prendre une assiette, des couverts et des gobelets, il y a à manger pour Thalia et j’ai acheté de l’eau, mais on doit se pour débrouiller pour les récipients. Tu peux aussi prendre un linge et une lavette, s’il te plaît ?
- Ok, pas de problème, je viens avec les autres tout à l’heure.
- A toute à l’heure. (…) Ah, au fait, tu prends aussi du papier de toilette !
- Ah bon ? D’accord,  à plus.

Ce dialogue téléphonique entre parents n’a rien à voir avec le départ en camp vert de la classe de Thalia. Il s’agit d’un week-end prolongé à l’hôpital de Jinotega. Bon, inutile de comparer, Thalia a donc vécu sa première hospitalisation, et avant quelque temps, elle n’aura pas trop envie de renouveler l’expérience. Heureusement pour elle, le service pédiatrique de l’hôpital oblige les parents de rester avec les enfants, même si les conditions sont quelque peu…spartiates !  Imaginez, deux infirmières pour une cinquantaine d’enfants répartis dans 4 salles. Les enfants reçoivent leurs repas, lesquels, avec nos habitudes européennes, supporteraient parfois un petit peu de variétés. Quant aux patients adultes, ce sont leurs propres familles qui doivent se charger de la subsistance.  A Managua, les familiers doivent rester dehors.  
Thalia est donc ressortie de l’hôpital, bien soignée par un personnel hospitalier très sérieux, et… une expérience supplémentaire du Nicaragua.

PS Ce samedi-là, on a enregistré 47 naissances à l’hôpital de Jinotega, qui compte 20 lits en maternité…

11 janvier 2012

(S) Les acteurs de la société civile suisse font le bilan de la coopération 2011

Lors de sa session de printemps 2011, le Parlement suisse a voté pour porter le budget de la coopération au développement à 0.5 % du Produit Intérieur Brut d'ici à 2015. Cette décision est l'aspect le plus positif de l'année écoulée.
 
Au moment de faire le bilan annuel, c'est le sentiment de divers représentants de la société civile suisse travaillant dans le domaine de la coopération.
 
"L'aspect positif"
Peter Niggli est le directeur d'Alliance Sud, plateforme réunissant six des plus importantes ONG suisses œuvrant dans la coopération. Il affirme que la décision du Parlement suisse "constitue l'élément le plus significatif de 2011".
Il déclare que c'est l'heureuse conclusion d'un long chemin d'exigences et de mobilisation des ONG qui a commencé en 1992 déjà. Cette lutte est illustrée par la pétition populaire lancée en 2008 pour exiger une augmentation du budget attribué à la coopération afin de le porter à 0,7 % du PIB. Plus de 200'000 personnes ont signé cette pétition.
"Même si nous ne sommes pas parvenus à l'objectif maximum prévu, l'augmentation est significative", ajoute Peter Niggli. Il souligne la signification toute spéciale de cette décision en ce temps de crise qui affecte toute l'Europe et le monde occidental en général.
Le directeur d'Alliance Sud rappelle qu'il existait même une proposition de réduire le budget national destiné à la coopération et que, finalement, il fut augmenté...
 
"Les gens sont sensibilisés"
Maxime Gindroz est responsable de la communication à la FEDEVACO, une fédération qui réunit 38 associations et ONG du canton de Vaud qui travaillent pour la coopération avec les pays du Sud. Il abonde dans le sens de Peter Niggli. "C'est un succès considérable mais toutefois incomplet" puisque la société civile misait sur une augmentation plus importante. Cela implique de nouvelles tâches pour le futur, entre autres maintenir une étroite relation avec les parlementaires et les personnages politiques afin que le thème de la coopération continue à occuper la place qui lui revient."
Maxime Gindroz énumère également quelques initiatives d'information et de sensibilisation publique que la FEDEVACO a mené à bien en 2011. La manifestation la plus récente fut la 5ème édition du Marché Solidaire de Noël qui eut lieu à Lausanne en décembre dernier. "Des milliers de personnes se sont mobilisées et ont acheté des produits du commerce équitable liés à des projets de nos associations membres, avec un bénéfice de plus de 30'000 francs qui seront affectés au Sud."
"Cette action démontre que les gens continuent de répondre positivement. Ils restent activement sensibilisés malgré la situation de crise qui sévit en Europe. Ils expriment leur solidarité et leur générosité à travers des actions concrètes", souligne Gindroz.
Maxime Gindroz relève une autre initiative très positive de l'année 2011: la Rencontre Nationale sur la santé publique et la nutrition, organisée par les autorités cantonales vaudoises en charge de ce secteur qui ont notamment invité des représentants du Népal. "Nous avons pu constater une fois de plus que nous appartenons à un monde globalisé, que nous devons sortir de l'auto-centrisme et reconnaître qu'il existe des réalités et des préoccupations communes. Si le problème majeur du Sud lié à la nutrition est la sous-alimentation, dans nos sociétés du Nord, l'une de nos inquiétudes principales est l'obésité", souligne-t-il.
 
Un échange Nord-Sud plus complet
Diverses expériences vécues dans les pays du Sud constituent "d'importants points de référence au moment de réaliser le bilan 2011", explique à E-CHANGER.COM Martin Schreiber, secrétaire général de UNITE.
UNITE est une plateforme qui rassemble 22 ONG suisses qui travaillent dans le domaine de l'échange de personnes, c'est-à-dire qui soutiennent des volontaires suisses actifs dans des projets en Afrique, Asie et Amérique latine.
L'un de ces "moments significatifs" fut la rencontre des coordinateurs locaux des organisations de UNITE présentes en Afrique. Cette réunion s'est déroulée en octobre dernier à Nairobi, Kenya.
"Le thème de la jeunesse a constitué le cœur du débat. Comment favoriser des projets durables de production avec un accent mis sur le renforcement de l'autonomie? Comment éviter l'abus des jeunes de la part des élites économiques et politiques? Et comment promouvoir une coopération suisse plus effective qui prioriserait ces acteurs stratégiques de la société civile africaine?" se demande Martin Schreiber.
Un autre apport significatif se trouve dans les réflexions du Forum International de Mombasa, Kenya, forum organisé également en octobre lors duquel "nos partenaires africains nous ont confronté à des thèmes sensibles comme la nécessité de promouvoir le volontariat Sud-Sud en Afrique même et de créer des opportunités pour que de jeunes volontaires africains puissent également venir faire des expériences en Suisse", commente le secrétaire de UNITE.
Lors de cette réunion, on souligna "la préoccupation de plusieurs représentants d'ONG du monde entier devant la tendance croissante de certains pays occidentaux d'instrumentaliser l'envoi de volontaires pour favoriser leurs propres priorités politiques ou économiques, dévalorisant ainsi le rôle de la coopération vue comme un apport réellement solidaire au développement du Sud".
Ce thème est central dans le débat sur les perspectives d'avenir proche. Peter Niggli confirme: "Je suis préoccupé par la tendance actuelle toujours plus hégémonique de nombreux pays riches qui cherchent à manipuler la coopération au développement pour qu'elle coïncide avec leurs propres objectifs de rentabilité". Autrement dit, en essayant de conditionner "la coopération au Sud à leurs propres intérêts structurels, économiques et stratégiques".
"Bien que cette tendance soit assez faible en Suisse pour le moment, il est fondamental d'analyser la situation internationale et les lignes d'action qui se profilent dans la coopération au développement au niveau mondial, parce que cela aura toujours une incidence directe dans notre propre débat au niveau suisse", conclut Peter Niggli.

Une hausse du budget pour la coopération
Le Parlement suisse a décidé cette année d'augmenter le budget affecté à la coopération au développement. D'ici à 2015, ce dernier devrait grandir jusqu'à atteindre 0,5 % du Revenu National Brut.
La décision des Chambres fédérales a mis fin à une année de débats. C'est la première fois que le Parlement décidait de lui-même une augmentation de l'aide au développement.
Selon les ONG suisses, c'est la Campagne 2007-2008 "Tous contre la pauvreté" demandant le passage à 0,7 % du budget d'aide aux pays en voie de développement qui fut déterminante quant à la décision des parlementaires.
Cette campagne a été soutenue par plus de 70 organisations de développement, de droits humains, écologiques, syndicales, religieuses... parmi les plus importantes de Suisse. Elle parachevait une pétition présentée au Parlement en mai 2008, munie de plus de 200'000 signatures.
Le canton de Genève a inscrit dans sa propre constitution le chiffre de 0,7 % de budget destiné à la coopération. De nombreuses communes de ce canton appliquent déjà ce pourcentage.
La commune de Mies vient d'annoncer qu'elle destinera le 0,7 % de son budget pour des projets au Sud. C'est la première commune vaudoise à adopter ce pourcentage qui est l'un des principaux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) que promeuvent les Nations Unies
Sergio Ferrari, journaliste et responsable du secteur 'Communication - Presse' chez E-Changer
Traduction Rosemarie Fournier, représentante cantonale chez E-Changer
 

9 janvier 2012

(O) République bananière

Deux ans de présence au Nicaragua m’ont rendu plus attentif aux nouvelles européennes et, passeport rouge à croix blanche oblige, aux nouvelles suisses. 10'000 kilomètres donnent aux faits un éclairage très intéressant.
Je me souviens que, en tant que lecteur assidu de la presse internationale, j’éprouvais une légère commisération en lisant entre les lignes journalistiques les noms des dirigeants des pays en voie de développement : Ouattara, Gbagbo, Kabila, Aristide, Chavez, voire Ortega. Ces noms aux consonances « bananières », alimentaient mon orgueil d’une Suisse propre en ordre, respectueuse de la morale et des institutions. J’imaginais même pouvoir exporter le modèle suisse dans ces pays corrompus… (j’étais bien jeune et bien naïf).
Sans vouloir me joindre à une certaine droite orgueilleuse de cette bannière dont la pure blancheur de la croix déteint sur le rouge de fond, j’éprouvais de la peine, devant l’indifférence de la presse internationale face au modèle suisse. C’est vrai quoi, ils sont vraiment pas comme nous, ces ignorants ! Ils pourraient au moins essayer de faire comme nous quoi !
Conrad, TDG, 5.12.2012
Cette presse internationale indifférente à l’actualité suisse, à peine un entrefilet dans le Monde et Libération lors du renouvellement des chambres fédérales, alors que le Nicaragua se voyait attribuer le triple d’espace à son élection présidentielle, et que l’ensemble des médias nous bombardaient avec les frasques sexuelles de Dominique Strauss-Kahn, quelle honte!
Mais quelle ne fut ma surprise lorsque, par hasard, je tombais sur un reportage de la CNN américaine consacrant 10 minutes d’analyse sur la l’affaire de la BNS. Tout ému de voir enfin reconnaître l’importance de mon pays, je m’attelais donc à rechercher d’autres informations. Sont-ce les 10'000 kilomètres me séparant des faits, mais je dois dire que corruption, magouilles et détournements de fonds, associés à des noms tels que Blocher, Zupiger ou Hildebrand m’ont donné une impression suavement exotique d’une république bananière, que je croyais si éloignée…

8 janvier 2012

(C) Des mages et des choux

Le 6, ici aussi, c'était l’Épiphanie, la fêtes des Rois. Précédés par une voix amplifiée qui appelait à venir "assister à la cavalcade des Rois Mages", ils ont défilé dans toutes les rues de la ville en jetant des bonbons aux enfants et en distribuant des cadeaux aux plus pauvres.

A la maison, un plébiscite général m'a motivée à confectionner non pas une galette, mais des choux à la crème! Cette année, nous avons eu 2 reines!

(V) Poèmes de Viviane


Je  suis au restaurant

Je  suis au restaurant
Pour manger
Je suis au  restaurant
Pour boire
Je  suis au restaurant
Pour m’amuser  beaucoup
Je suis au restaurant
Pour sourire à la serveuse
Je suis au restaurant
Pour ça, oui
Oui, pour faire tout ça,
Oui, oui, oui,  oui, oui,  oui,  et  oui, et oui, et OUIIIIIIIIIIIII.


************************
 
Je  dis non à tout le monde

Non,  je ne  veux pas obéir
Non, je  ne veux pas faire ça
Non,  j’en  ai marre de  faire mes devoirs
Non, pourquoi tu insistes
Non,  pourquoi tu es  comme ça
Non, non, non, non, et non, et  non, et non, et NONNNNNNNNNNNNNN.